Réflexions et propositions pour des protections commerciales pour l'Europe

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Revue de presse


Tribune de Hakim El Karoui, banquier d'affaires et essayiste, et Emmanuel Todd, historien et démographe, parue dans le quotidien La Tribune, mardi 11 mai 2010.
L'Europe doute et cherche des boucs émissaires. Le vrai problème, c'est la crise économique et l'Europe n'a pas de modèle de sortie de crise. Ce qui nous attend, c'est une récession sans fin. Il est temps de nous attaquer à l'atonie de notre demande intérieure et de promouvoir une régulation continentale des échanges commerciaux par un protectionnisme européen raisonnable.


L'Europe, la burqa et la crise
Une nouvelle forme de xénophobie politique - diverse mais constante dans son orientation Nord-Sud - ravage l'Europe. Les politiciens flamands ne veulent plus des Wallons, ces pauvres du Sud. Le gouvernement français se passionne tout d'un coup pour la burqa et la polygamie, problèmes statistiquement marginaux, et tente d'activer le ressentiment contre des Français venus du Sud. Les hommes politiques de l'Europe du Nord, conservateurs allemands en tête, nous proposent de rejeter hors de la zone euro, ou de mettre en tutelle financière, des Européens du Sud - Grecs, Portugais, ou Espagnols ou Italiens - s'ils ne se tiennent pas bien : "pourquoi soutenir des "Pigs" en qui on ne peut avoir confiance, ces pays du "Club Med" qui n'auraient peut-être jamais dû rentrer dans l'euro ?" C'est la question posée à Londres, c'est la question posée à Francfort.

Pour le moment, les peuples ne suivent pas. La France a déjà montré, lors des élections régionales, qu'elle n'était guère sensible à la question de l'identité nationale. Mais l'obstination de son gouvernement à activer les thématiques ethniques, le passage instantané de l'identité nationale à la burqa et à la polygamie conduit à une nouvelle inquiétude. Nos gouvernants sont-ils à ce point égarés qu'ils cherchent à se rassurer eux-mêmes en traquant une inexistante menace religieuse ? Que de temps perdu ! La division, la recherche du bouc émissaire, la xénophobie disent l'incertitude française, l'incertitude européenne. Déchirons-nous, trouvons des responsables, identifions-les ethniquement, persuadons-nous qu'ils sont fondamentalement différents de nous, et surtout, surtout, évitons de parler du vrai problème.

Rédigé par Julien Landfried le 11 Mai 2010 à 19:13 | Permalien | Commentaires (1)
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Tribune de Maurice Allais, parue dans l'hebdomadaire Marianne du 5 au 11 décembre 2009.


Contre les tabous indiscutés, par Maurice Allais
Le point de vue que j'exprime est celui d'un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m'apparaît fausse, artificielle. L'idéal socialiste consiste à s'intéresser à l'équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l'efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d'une même doctrine. Et c'est précisément à ce titre de libéral que je m'autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d'un libre-échangisme appliqué aveuglément.


Le fondement de la crise: L'organisation du commerce mondial

La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme », dénonciation absurde à chaque fois qu'elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d'être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j'ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années» (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l'actuelle crise: l'organisation du commerce mondial, qu'il faut réformer profondément, et prioritairement à l'autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

Rédigé par Maurice Allais le 16 Décembre 2009 à 23:00 | Permalien | Commentaires (4)
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Entretien de Jacques Sapir au blog Horizons, tenu par Malakine.


Protectionnisme communautaire ou national ?
Horizons : Depuis plusieurs années, le protectionnisme a été défendu pour une mise en œuvre à l’échelle communautaire. Pourtant, dans un texte récent « Un an après » vous laissez la porte ouverte à un protectionnisme national. Dans l’idéal et d’un point de vue purement technique, quel serait le périmètre optimal pour une politique néo-protectionniste ?

Jacques Sapir :
Il est clair que, techniquement, plus grande et plus homogène est la zone qui se protège et meilleur en est l’effet. De ce point de vue, une zone qui correspondrait au noyau initial de la CEE me semblerait optimal. On pourrait sans doute y ajouter la Suède et le Danemark. Mais, nous sommes confrontés à deux problèmes :

- Tout d’abord le démantèlement d’une partie de la protection sociale tel qu’il est organisé en Allemagne par les lois qu’a fait voter le chancelier Schröder et que Mme Merkel n’aura de cesse de renforcer dans son alliance avec les Libéraux. De fait, l’Allemagne se met en position de concurrence sociale par rapport aux autres pays du « noyau » historique.

- Ensuite, les oppositions au néo-protectionnisme risquent d’être virulentes en Allemagne et aux Pays-Bas.

C’est pourquoi le périmètre réaliste sera probablement – du moins pour une période initiale – plus faible que le périmètre « optimal ». On peut penser qu’une alliance France-Italie-Belgique pourrait constituer une bonne base de départ. Cependant, on ne doit pas exclure une solution purement nationale. Dans la situation actuelle, tout est préférable au statu-quo. Néanmoins, il faut comprendre qu’une telle solution nationale serait appelée à s’élargir rapidement.

Notons que si les autres pays réagissent à la démarche protectionniste de l’un d’entre eux en mettant, à leur tour, des barrières protectionnistes on aura beau jeu de leur dire « pourquoi pas tous ensemble ? ».

Ce qui me fait penser que tenter le saut du protectionnisme ne serait-ce qu’au simple niveau de la France ne présente aucun risque. Soit les autres pays ne réagissent pas, et dans ce cas nous rétablissons assez vite notre balance commerciale, soit ils réagissent et dans ce cas, comme ils auront aussi fais sauter le tabou qui pesait sur des mesures protectionnistes nous serons dans une excellente position pour négocier avec eux des mesures communes.

Le véritable problème est celui du tabou qui pèse aujourd’hui sur le protectionnisme. Qu’il saute et d’une certaine manière nous avons gagné.

Lire l'intégralité de l'entretien sur le blog de Malakine

Rédigé par Julien Landfried le 13 Octobre 2009 à 17:12 | Permalien | Commentaires (0)
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Rédigé par Julien Landfried le 28 Juillet 2009 à 14:34 | Permalien | Commentaires (1)
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Entretien d'Emmanuel Todd à la revue L'Ena hors les murs, "Le monde face à la crise, n° 389, avril 2009.


Protectionnisme et démocratie
Emmanuel Todd occupe une place à part dans le paysage intellectuel français. Il ne fait partie d’aucune de ces chapelles, coteries ou « écoles de pensée » qui se partagent les rôles dans les médias ou à l’université. S’il ne recule pas devant la polémique, il demeure résolument indépendant et oriente ses flèches acérées aussi bien vers la gauche que vers la droite.

Ce refus des cloisonnements, cette capacité à décentrer le regard, à penser autrement, à sortir du cadre, il les tient probablement aussi bien de sa famille que des grands auteurs qui l’ont marqué. Côté familial, il est le fils d’Olivier Todd, le petit-fils de Paul Nizan, et est également un petit-neveu de Claude Levi-Strauss. Quant aux influences intellectuelles extra-familiales, on peut citer, parmi beaucoup d’autres, celles de Montesquieu, de Tocqueville, de Durkheim et d’Aron.

Il ne construit pas ses réflexions sur la base d’idéologies toutes faites, mais plutôt, selon le modèle anglo-saxon, en étudiant de façon empirique et concrète des données brutes. A 25 ans, il devient célèbre en publiant La Chute finale (1), un essai qui s’avèrera visionnaire dans lequel il dissèque le pourrissement de l’idéologie communiste et prédit la décomposition de l’Union soviétique, à travers l’étude des courbes de mortalité infantile et de quelques autres indicateurs dédaignés par les soviétologues. Il publiera ensuite Le fou et le prolétaire (2), un essai sur les origines de la première guerre mondiale, s’appuyant sur une analyse à la Durkheim des taux de suicide. Viendront ensuite plusieurs essais sur la démographie, les structures familiales, l’immigration et l’Europe, puis trois ouvrages pouvant se lire comme une trilogie : L’Illusion économique (3), analysant la stagnation des sociétés occidentales face aux nouvelles contraintes économiques, Après l’Empire (4), prédisant la crise actuelle du système américain et, il y a quelques mois, Après la démocratie (5), plaidoyer vigoureux pour la mise en place d’un protectionnisme à l’échelle européenne, nécessaire à ses yeux pour éviter le délitement du modèle démocratique.

A ceux qui le jugent trop radical dans sa défense de ses idées et trop excessif dans ses propos, il réplique fort à propos : « J’exprime brutalement des idées modérées alors que les ultra-libéraux expriment de manière policée des idées extrémistes. »

Karim Emile Bitar, Cyrano de Bergerac 1999, Directeur de la rédaction
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Karim Emile Bitar : Il y a déjà plus de dix ans, dans L’Illusion économique, vous dénonciez avec virulence ce que vous appeliez « l’utopie libre-échangiste », en insistant sur le fait que la disparition des barrières douanières avait conduit à une chute du taux de croissance de l’économie mondiale et à une montée très forte des inégalités au sein de chaque société. Vous avez depuis été rejoint par plusieurs grands économistes, et même l’économiste néoclassique Samuelson a pointé les effets négatifs du libre-échange(6), et souligné que le cas chinois rendait la vieille théorie des avantages comparatifs, sinon obsolète, du moins inopérante ou problématique. Pourtant la doxa économique en France et ailleurs continue de considérer le protectionnisme comme étant néfaste. Vous revenez donc à la charge dans votre dernier ouvrage, Après la démocratie et vous soulignez que le principal obstacle à la mise en place d’un protectionnisme européen, que vous pensez salvateur, est un obstacle psychologique, c’est l’incapacité des européens de sortir du narcissisme ambiant et de s’engager dans une action collective. Tout d’abord, quelles sont les raisons profondes du maintien de la doxa anti-protectionniste, et ensuite, que préconisez-vous pour surmonter cet état d’esprit ?

Emmanuel Todd : Je vois deux niveaux d’obstacles. Le niveau le plus superficiel se situe au niveau de l’analyse économique, celui des écoles économiques qui se trompent et qui errent. Analyser une erreur d’ordre intellectuel nécessite de regarder dans plusieurs directions. Chacune de ces directions apporte quelque chose à la compréhension. Les interactions entre l’économie politique et le système bancaire sont devenues très fortes et se sont encore renforcées et l’on voit de plus en plus d’économistes ayant un pied dans une banque. L’économie est aussi une science qui a perdu son autonomie en tant que science. Je n’en parle pas dans le livre, mais c’est un point important. L’erreur intellectuelle a une certaine dynamique autonome. Des gens qui ne voient pas, je les connais un peu. J’avais déjà affronté les soviétologues professionnels lorsque j’avais publié La chute finale. Sans vouloir me vanter, j’ai passé une bonne partie de ma vie à affronter des gens qui ne veulent pas reconnaître l’erreur. Quand on étudie l’histoire des sciences, des idées ou des idéologies, il y a toujours des gens qui ne veulent pas croire que c’est la terre qui tourne autour du soleil. L’erreur intellectuelle est quelque chose d’assez ordinaire. C’est un phénomène bizarre mais constant de l’histoire humaine, des inventions ou des idées qui paraissent très évidentes, très simples, mais personne ne les voit ! Je crois que les indiens d’Amérique n’avaient pas la roue. Il y a donc cette dimension là, ainsi que la dimension de l’intérêt. Dans le cas de la France, il y a quelque chose dont je parle dans le livre(7), et qui aggrave la situation, c’est que la France, en matière d’analyse économique, n’est pas productrice d’idéologie. La France est simplement consommatrice d’idéologie. C’est l’une des spécialisations du monde anglo-saxon que de produire des idéologies économiques. Là bas, il y a donc certaines dissidences, certes pas toujours importantes, elles sont soit marginales soit récentes. Mais le monde anglo-saxon a son autonomie de production d’idées ou d’idéologies en ce qui concerne l’économie politique. En France, nous sommes en la matière ce qu’on appelle une « zone périphérique dominée ». Cela n’est pas vrai en sociologie ou en politologie, mais c’est le cas en économie. Il y a quelque chose qu’en anthropologie et en linguistique, on appelle le « conservatisme des zones périphériques. » Ce que l’on trouve dans les zones périphériques, ce sont les modes anciens de pensée. Il y a donc un phénomène structurel en France, c’est ce retard de la pensée économique, quel que soit le mouvement, par rapport à celle du monde anglo-saxon. Cela produit cette situation de naufrage absolu, même si je cite des économistes comme Jean-Luc Gréau ou Jacques Sapir qui sauvent l’honneur de la profession. Mais ce ne sont que des exceptions. Je pense que Peugeot survivra à la crise, mais les économistes et professeurs d’économie, par contre, je ne suis pas sûr qu’ils s’en sortent !

Rédigé par Julien Landfried le 27 Juillet 2009 à 11:27 | Permalien | Commentaires (11)
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Entretien d'Emmanuel Todd à La Tribune, 24 juillet 2009.


Le protectionnisme ou le chaos
La Tribune : La crise a révélé de nombreux dysfonctionnements dans l'économie et la finance, vous semble-t-il qu'on en tire les leçons pour le monde de demain ?
Emmanuel Todd :
Il y a une ultime vérité qui n'a pas encore été acceptée : la crise provient d'un déficit de la demande à l'échelle mondiale, dont la cause première est le libre-échange. Le libre-échange a rompu l'équilibre entre la production et la consommation, il a conduit les entreprises à considérer leurs salariés comme un coût pur, et les a précipitées dans la compétition par la compression des salaires. L'irruption de la Chine et des pays émergents n'a fait que renforcer ce travers, qui aurait existé sans eux. Dans un monde où l'on comprime les salaires, la demande ne peut provenir que de l'endettement. D'où la crise.

Le libre-échange a aussi des avantages substantiels, il a déclenché une période de forte croissance...
Dans la première phase, il y a bien sûr les économies d'échelle et les bénéfices de la spécialisation, je ne suis pas aveugle à cela. Mais dans la seconde phase, les effets déprimants sur la demande l'emportent, lorsque les entreprises ne considèrent plus leurs salariés comme des consommateurs. Dans nombre de pays développés, les salaires stagnent depuis quinze ans. Le seul élément dynamique était l'endettement du consommateur américain et le déficit extérieur des États-Unis, qui a tiré la planète. Si les plans de relance en cours visent à rétablir un tel système, nous butterons vite sur les mêmes difficultés. D'autant que les difficultés de financement des États vont apparaître. Les investisseurs vont se rendre compte que l'État américain n'est qu'un super-Madoff, l'escroquerie du siècle. Il est tout à fait vraisemblable que l'on assiste à l'effondrement du dollar dans l'année qui vient.

Va-t-on vers le protectionnisme ? Le libre-échange est toujours défendu par les dirigeants du monde entier...
Les classes dirigeantes sont toujours les dernières à comprendre. Je note quand même un changement d'ambiance, les gens ne rient plus lorsqu'on parle de protectionnisme européen. C'est un beau projet, que celui d'une Europe protégée et relançant la demande par les salaires. Cela déclencherait probablement un nouveau cycle d'innovation technologique. Les délocalisations sont en effet un frein à l'innovation, parce qu'elles donnent accès à de vastes réserves de main-d'œuvre sous-qualifiée et sous-payée. Le personnage central du monde protectionniste, c'est l'ingénieur, et non le financier, qui triomphe au contraire dans le monde libre-échangiste. Pour le futur, ce sera ce monde protectionniste ou le chaos. Ou bien d'abord le chaos, et après ce monde-là.

Pourquoi les économistes sont-ils alors unanimes à condamner le protectionnisme ?
Ils sont incapables, malgré leurs efforts récents, de se réapproprier les concepts de la macroéconomie keynésienne, de concevoir la collectivité sociale ou nationale. C'est l'incapacité à penser le collectif qui aveugle notre époque et retarde le règlement de la crise. Cette société molle et atomisée qui est la nôtre n'a d'ailleurs pas que des inconvénients. Cela nous protège des folies collectives du dernier siècle. Malgré le chômage, il n'y a pas de petits bourgeois hystériques dans les rues pour réclamer un régime fasciste ou stalinien... Le niveau éducatif, qui est la variable déterminante de l'évolution d'une société, est aujourd'hui très élevé, même s'il ne progresse plus. Peut-être les évolutions idéologiques seront-elles beaucoup plus rapides et plus intéressantes qu'auparavant, grâce au niveau intellectuel des populations.

Vous êtes donc assez optimiste...
Ce qui m'inquiète, c'est le vieillissement des populations et des mentalités. L'âge médian de nos sociétés s'élève à 45 ans au Japon, 44 ans en Allemagne, 40 en France et 37 aux États-Unis. Et l'âge médian du corps électoral est encore plus élevé, puisqu'il ne comprend pas les moins de 18 ans. Cette évolution va induire un ralentissement de la vie politique et de la pensée. Elle explique le basculement à droite de l'Europe, lors des récentes élections européennes. L'obsession sécuritaire, c'est un problème de vieux qui a peur des jeunes. Regardez les pubs à la télévision, c'est le financement des obsèques, les problèmes d'érection et le cholestérol ! Les publicités en disent davantage sur nous que les sciences sociales. Et ce phénomène de vieillissement est irréversible, partout sur la planète. Même la Chine vieillit à vitesse accélérée.

Ces structures d'âges élevés n'empêchent pas nos sociétés de se moderniser à grande vitesse, au plan technologique...
Oui, ce sont des sociétés vieillies qui ont adopté Internet, et cela plus vite que d'autres, plus jeunes. Il y a certainement un acquis en matière de compétence, de niveau intellectuel, d'adaptabilité, qui devrait nous aider à résoudre cette crise longue. D'autant que se profile un grand moment de l'histoire de l'humanité : l'alphabétisation complète de la planète, qui devrait intervenir vers 2030. L'écriture date de 3.000 avant Jésus-Christ, il aura fallu 5.000 ans et quelque 200 générations pour réaliser ce grand projet. C'est impossible de ne pas être optimiste quand on envisage cela.


Bio express : Emmanuel Todd, né en 1951, est un démographe et un historien français. En 1976, son premier livre ("La Chute finale") pronostiquait l'effondrement du monde soviétique. En 1998, "L'Illusion économique" s'attachait à comprendre les causes de la stagnation des sociétés développées. En 2002, "Après l'empire" analysait le déclin des États-Unis et anticipait une crise financière déclenchée en Amérique.

Source : Latribune.fr.

Rédigé par Propos recueillis par François Lenglet le 24 Juillet 2009 à 18:22 | Permalien | Commentaires (1)
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