Réflexions et propositions pour des protections commerciales pour l'Europe
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Revue de presse
Tribune de Philippe Baumel, vice-président (PS) du conseil régional de Bourgogne, L'Humanité, 7 décembre 2007.
De manière accélérée depuis quelques mois, les Français ressentent durement une baisse de leur pouvoir d’achat. Autant le dire : la première raison de la baisse du pouvoir d’achat, c’est l’effrayante concurrence internationale qui met en compétition les travailleurs européens et ceux des pays à monnaie faible et à bas salaires. Cette vérité-là, il faudra bien la dire et en tirer les conséquences. À l’instar de l’économiste Jean-Luc Gréau, on peut en effet constater que le protectionnisme européen est une « question interdite ». Ce dernier rappelle justement que « le déficit commercial de l’Union européenne avec la Chine a augmenté de 83 % » depuis janvier 2007… Personne ne semble vouloir ouvrir le débat. Il y a pourtant urgence !
Intuitivement, l’actuel locataire de l’Élysée avait compris que c’était sur la question des protections économiques que se jouerait une part de l’élection du 6 mai dernier. L’astuce du candidat Sarkozy était, pendant sa campagne, d’avoir fait oublier son ultralibéralisme militant pour apparaître comme un pourfendeur du libre-échange et du laisser-faire total. Faisant montre de volontarisme, il a capté ce qui fait la caractéristique de notre pays : celle d’être une nation « politique ». Nombre de nos concitoyens s’y sont d’ailleurs laissé prendre et semblent le regretter aujourd’hui. Mais le mal est fait. L’UMP ne réglera en effet pas le problème du pouvoir d’achat car elle ne remettra pas en cause les règles déloyales du commerce international. Cette contradiction, entre le discours de campagne et la pratique élyséenne, est en train d’exploser sous nos yeux…
La défense du pouvoir d’achat c’est d’abord la défense du travail, du monde du travail, des salariés. On oublie trop souvent que l’immense majorité de nos concitoyens n’ont que leur travail pour vivre et que si les détenteurs de capitaux vivent confortablement grâce à la liberté totale des mouvements financiers, les ouvriers, les employés, les artisans payent cher la facture du libre-échange. Il nous faut tenir compte de l’immense armée industrielle de réserve de la Chine et de l’Inde ! Leurs coûts salariaux, renforcés par une politique monétaire plus qu’offensive, ne font que rendre la compétition internationale particulièrement déloyale. On ne peut pas entrer en concurrence frontale avec l’Inde ou la Chine sans voir notre pouvoir d, nos acquis sociaux, notre mode de vie être emportés et broyés par cette loi de la jungle que nul, en Europe, ne semble encore vouloir véritablement combattre. Le paradoxe est que la Chine se dote de barrières douanières de l’ordre de 30 % pour les biens d’équipement… Les États-Unis l’ont fait eux aussi pour protéger certaines de leurs productions non concurrentielles. Il n’y a qu’en Europe qu’on ne réfléchit pas à la protection de notre économie…
Le rôle des socialistes sera, dans un proche avenir, d’élaborer les nouvelles protections garantissant aux salariés français et européens des niveaux de vie qui ne dépendent pas du moins-disant social de la mondialisation. C’est la condition d’une politique industrielle et économique efficace. Toute la gauche doit dialoguer sur ce sujet et élaborer des pistes pour bâtir un protectionnisme altruiste, un protectionnisme qui permette aux salariés du Nord de vivre mieux et au Sud de se développer véritablement. Il nous faut réfléchir à l’établissement de normes sanitaires (à l’heure où les jouets au plomb font leur apparition), de normes environnementales (car nul ne peut se soustraire à l’effort de préservation de la planète), de normes sociales (car on ne peut pas être compétitif face à des pays où l’on traite les salariés en esclaves) et, au besoin, compléter ce système par des taxes à l’importation. Pas de défense du pouvoir d’achat sans défense du monde du travail, c’est un peu le b.a.-ba d’une politique sociale juste et efficace…
Source : L'Humanité.
Intuitivement, l’actuel locataire de l’Élysée avait compris que c’était sur la question des protections économiques que se jouerait une part de l’élection du 6 mai dernier. L’astuce du candidat Sarkozy était, pendant sa campagne, d’avoir fait oublier son ultralibéralisme militant pour apparaître comme un pourfendeur du libre-échange et du laisser-faire total. Faisant montre de volontarisme, il a capté ce qui fait la caractéristique de notre pays : celle d’être une nation « politique ». Nombre de nos concitoyens s’y sont d’ailleurs laissé prendre et semblent le regretter aujourd’hui. Mais le mal est fait. L’UMP ne réglera en effet pas le problème du pouvoir d’achat car elle ne remettra pas en cause les règles déloyales du commerce international. Cette contradiction, entre le discours de campagne et la pratique élyséenne, est en train d’exploser sous nos yeux…
La défense du pouvoir d’achat c’est d’abord la défense du travail, du monde du travail, des salariés. On oublie trop souvent que l’immense majorité de nos concitoyens n’ont que leur travail pour vivre et que si les détenteurs de capitaux vivent confortablement grâce à la liberté totale des mouvements financiers, les ouvriers, les employés, les artisans payent cher la facture du libre-échange. Il nous faut tenir compte de l’immense armée industrielle de réserve de la Chine et de l’Inde ! Leurs coûts salariaux, renforcés par une politique monétaire plus qu’offensive, ne font que rendre la compétition internationale particulièrement déloyale. On ne peut pas entrer en concurrence frontale avec l’Inde ou la Chine sans voir notre pouvoir d, nos acquis sociaux, notre mode de vie être emportés et broyés par cette loi de la jungle que nul, en Europe, ne semble encore vouloir véritablement combattre. Le paradoxe est que la Chine se dote de barrières douanières de l’ordre de 30 % pour les biens d’équipement… Les États-Unis l’ont fait eux aussi pour protéger certaines de leurs productions non concurrentielles. Il n’y a qu’en Europe qu’on ne réfléchit pas à la protection de notre économie…
Le rôle des socialistes sera, dans un proche avenir, d’élaborer les nouvelles protections garantissant aux salariés français et européens des niveaux de vie qui ne dépendent pas du moins-disant social de la mondialisation. C’est la condition d’une politique industrielle et économique efficace. Toute la gauche doit dialoguer sur ce sujet et élaborer des pistes pour bâtir un protectionnisme altruiste, un protectionnisme qui permette aux salariés du Nord de vivre mieux et au Sud de se développer véritablement. Il nous faut réfléchir à l’établissement de normes sanitaires (à l’heure où les jouets au plomb font leur apparition), de normes environnementales (car nul ne peut se soustraire à l’effort de préservation de la planète), de normes sociales (car on ne peut pas être compétitif face à des pays où l’on traite les salariés en esclaves) et, au besoin, compléter ce système par des taxes à l’importation. Pas de défense du pouvoir d’achat sans défense du monde du travail, c’est un peu le b.a.-ba d’une politique sociale juste et efficace…
Source : L'Humanité.













