Réflexions et propositions pour des protections commerciales pour l'Europe
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Revue de presse
Entretien de Jean-Luc Gréau (Auteur de la Trahison des économistes, éditions Gallimard, 2008) à Libération, jeudi 12 février 2009.
«Il est urgent dans cette période de crise de procéder à un déniaisement collectif sur le sujet du protectionnisme. Quel est le problème ? Depuis 2001, l’Europe n’a pas, ou si peu, connu de croissance solide et durable. Les seuls qui en ont bénéficié comme l’Angleterre, l’Irlande ou l’Espagne l’ont joué «à l’américaine», en basant leur prospérité artificielle sur toujours plus d’endettement afin de retarder l’inévitable. Quant à l’Allemagne, la plus mondialisée des économies européennes, elle n’a maintenu sa compétitivité qu’au prix d’une déflation salariale de moins en moins tenable.
«La raison de cette absence de croissance ou de croissance artificielle tient à un facteur clé : le phénoménal décollage depuis 2000 des nouveaux pays émergents asiatiques (la Chine, l’Inde…). Grâce à une force de travail - y compris de matière grise - infiniment moins chère que dans les vieux pays riches, ils ont mis en déroute des pans entiers de notre industrie. D’où la nécessité de corriger temporairement par des «droits compensatoires» ce dumping social, environnemental et fiscal. Il ne s’agit pas de mettre en place une protection commerciale indiscriminée, de rentrer dans une guerre avec les Américains ou de remettre en cause la liberté des échanges en Europe, très bénéfique.
«Toute la difficulté tient à ce que, dans ces conditions de sauve-qui-peut, on risque au contraire de voir se multiplier des mesures improvisées, désordonnés et discriminatoires dans le mauvais sens du terme. Par exemple, la clause américaine sur l’acier qui consiste à réserver aux producteurs nationaux les commandes liées aux secteurs aidés par le gouvernement est mauvaise dans son principe. Elle va toucher des pays qui ne sont pas dans le dumping social vis-à-vis des Etats-Unis, tel le Canada. Le protectionnisme bien conçu représente une arme maîtresse de toute politique d’attractivité du territoire, notamment en Europe. Encore faudrait-il cesser de ne voir dans cette option une pathologie de l’esprit fondée sur la peur. Il y a beaucoup trop d’idéologie qui vient polluer ce débat.»
Voir l'article sur le site de Libération.
«La raison de cette absence de croissance ou de croissance artificielle tient à un facteur clé : le phénoménal décollage depuis 2000 des nouveaux pays émergents asiatiques (la Chine, l’Inde…). Grâce à une force de travail - y compris de matière grise - infiniment moins chère que dans les vieux pays riches, ils ont mis en déroute des pans entiers de notre industrie. D’où la nécessité de corriger temporairement par des «droits compensatoires» ce dumping social, environnemental et fiscal. Il ne s’agit pas de mettre en place une protection commerciale indiscriminée, de rentrer dans une guerre avec les Américains ou de remettre en cause la liberté des échanges en Europe, très bénéfique.
«Toute la difficulté tient à ce que, dans ces conditions de sauve-qui-peut, on risque au contraire de voir se multiplier des mesures improvisées, désordonnés et discriminatoires dans le mauvais sens du terme. Par exemple, la clause américaine sur l’acier qui consiste à réserver aux producteurs nationaux les commandes liées aux secteurs aidés par le gouvernement est mauvaise dans son principe. Elle va toucher des pays qui ne sont pas dans le dumping social vis-à-vis des Etats-Unis, tel le Canada. Le protectionnisme bien conçu représente une arme maîtresse de toute politique d’attractivité du territoire, notamment en Europe. Encore faudrait-il cesser de ne voir dans cette option une pathologie de l’esprit fondée sur la peur. Il y a beaucoup trop d’idéologie qui vient polluer ce débat.»
Voir l'article sur le site de Libération.
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jean-luc gréau













