Réflexions et propositions pour des protections commerciales pour l'Europe
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Par Jean-Luc Gréau, tribune parue dans Le Nouvel Observateur, 19 février 2009.
Depuis dix ans, on fait fausse route dans l'illusion de la mondialisation heureuse. En Europe, rares sont les pays qui ont profité de cette pseudoprospérité. Dans l'épouvantable crise que nous subissons, il faut à tout prix éviter que le dumping social et fiscal ne se renforce. Il ne s'agit pas d'établir des barrières autour de chaque pays, mais de défendre l'Europe. Et pour cela il faut à tout le moins protéger les industries de main-d'oeuvre en instaurant des droits compensatoires qui seront calculés en tenant compte des conditions de production des pays producteurs. Bien sûr, il faut mettre de côté la question des investissements, qui doivent rester libres.
Quant aux éventuelles mesures de rétorsion, inutile de les craindre. La Chine exporte vers l'Europe, en valeur, trois fois plus qu'elle n'importe ! Prenez Airbus : le moyen-courrier est d'ores et déjà assemblé sur le sol chinois avec des transferts de technologies... Nous sommes devant une problématique nouvelle, avec une profonde crise de la demande qui contracte le commerce mondial. Les pays émergents devront désormais renforcer leur consommation intérieure et moins compter sur les exportations. Mais cela implique un progrès social dans ces pays et moins de superprofits pour les actionnaires. Nous devons emprunter la route du progrès des populations et non celle de leur paupérisation. Il faut aborder la question commerciale sans idéologie, en tenant compte des leçons du passé. Le monde a toujours fonctionné avec des phases d'ouverture et de fermeture. A l'exception du Royaume-Uni, qui est resté un siècle et demi durant au premier rang économique, les autres pays comme les Etats-Unis, la France, l'Allemagne ou le Japon ont réalisé leur décollage dans un contexte de protection pragmatique. Puisque le pragmatisme est de nouveau de saison, soyons-le dans tous les domaines où cela se révèle nécessaire.
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Jean-Luc Gréau est économiste, ancien expert du Medef, auteur de « la Trahison des économistes », Gallimard.
Quant aux éventuelles mesures de rétorsion, inutile de les craindre. La Chine exporte vers l'Europe, en valeur, trois fois plus qu'elle n'importe ! Prenez Airbus : le moyen-courrier est d'ores et déjà assemblé sur le sol chinois avec des transferts de technologies... Nous sommes devant une problématique nouvelle, avec une profonde crise de la demande qui contracte le commerce mondial. Les pays émergents devront désormais renforcer leur consommation intérieure et moins compter sur les exportations. Mais cela implique un progrès social dans ces pays et moins de superprofits pour les actionnaires. Nous devons emprunter la route du progrès des populations et non celle de leur paupérisation. Il faut aborder la question commerciale sans idéologie, en tenant compte des leçons du passé. Le monde a toujours fonctionné avec des phases d'ouverture et de fermeture. A l'exception du Royaume-Uni, qui est resté un siècle et demi durant au premier rang économique, les autres pays comme les Etats-Unis, la France, l'Allemagne ou le Japon ont réalisé leur décollage dans un contexte de protection pragmatique. Puisque le pragmatisme est de nouveau de saison, soyons-le dans tous les domaines où cela se révèle nécessaire.
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Jean-Luc Gréau est économiste, ancien expert du Medef, auteur de « la Trahison des économistes », Gallimard.
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