Réflexions et propositions pour des protections commerciales pour l'Europe
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13/03/2007 11:32
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Débat entre Guillaume Bachelay et Christian Saint Etienne, Le Figaro Magazine, 10 avril 2009.
Le Figaro Magazine - Pourquoi le protectionnisme est-il devenu une sorte de tabou?
Christian Saint-Etienne Parce qu'il a joué un rôle clé d'accélération lors de la crise de 1929 : quatre ans plus tard, le commerce mondial en valeur avait baissé des deux tiers. La communauté économique et politique internationale est restée marquée par cet épisode, considérant que toute nouvelle flambée de protectionnisme provoquerait une crise de même nature. Un Lehman Brothers bis, une attaque israélienne sur l'Iran, un pays qui perdrait ses nerfs en élevant des barrières protectionnistes réamorceraient le cauchemar de la dépression. Sans sursaut politique en Europe, on pourrait craindre l'éclatement de l'euro avec, pour avenir, l'inconnu. Comme disent les Anglo-Saxons, uncharted territories.
Guillaume Bachelay Depuis que le commerce se fait dans le cadre des Etats nations, le monde est protectionniste : c'est vrai de Colbert à Pascal Lamy. Les Etats-Unis financent leur appareil militaro-industriel par la commande publique. La Chine fixe des restrictions aux importations sur son territoire, tout en favorisant ses exportations par la sous-évaluation du yuan. La Russie fait le blocus sur certaines automobiles étrangères. Le Brésil soumet la moitié de ses importations à des clauses d'autorisation. L'Inde interdit les jouets chinois, etc. La question n'est donc pas de savoir s'il faut une Europe protectionniste, mais comment elle devient plus protectrice. Pour sauver nos secteurs traditionnels et développer les industries innovantes, il faut pouvoir protéger un cadre commercial de manière temporaire et communautaire. Le libre-échange a eu ses vertus de développement des nations et de dialogue entre les peuples, mais avec l'essor d'un capitalisme mondial et financier, le système se grippe. «Tous concurrents, et que le moins cher gagne!», c'est un slogan mortel ! Comment voulez-vous que nos salariés et nos entrepreneurs tirent leur épingle du jeu sans un mixte d'innovation et de protection, face à des concurrents disposant d'un réservoir de main-d'œuvre inépuisable, de salaires 40 fois inférieurs aux nôtres et qui ne respectent pas les règles du jeu international ? Si l'Europe ne se réveille pas, c'est tout son appareil industriel et, à terme, son modèle de société qui seront bazardés.
Lire l'intégralité de l'entretien sur le site du Figaro
Christian Saint-Etienne, économiste, professeur à Dauphine-Paris-IX et à l’université de Tours, est membre du Conseil d’analyse économique.
Guillaume Bachelay, conseiller de Laurent Fabius, est secrétaire national du PS à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies.
Christian Saint-Etienne Parce qu'il a joué un rôle clé d'accélération lors de la crise de 1929 : quatre ans plus tard, le commerce mondial en valeur avait baissé des deux tiers. La communauté économique et politique internationale est restée marquée par cet épisode, considérant que toute nouvelle flambée de protectionnisme provoquerait une crise de même nature. Un Lehman Brothers bis, une attaque israélienne sur l'Iran, un pays qui perdrait ses nerfs en élevant des barrières protectionnistes réamorceraient le cauchemar de la dépression. Sans sursaut politique en Europe, on pourrait craindre l'éclatement de l'euro avec, pour avenir, l'inconnu. Comme disent les Anglo-Saxons, uncharted territories.
Guillaume Bachelay Depuis que le commerce se fait dans le cadre des Etats nations, le monde est protectionniste : c'est vrai de Colbert à Pascal Lamy. Les Etats-Unis financent leur appareil militaro-industriel par la commande publique. La Chine fixe des restrictions aux importations sur son territoire, tout en favorisant ses exportations par la sous-évaluation du yuan. La Russie fait le blocus sur certaines automobiles étrangères. Le Brésil soumet la moitié de ses importations à des clauses d'autorisation. L'Inde interdit les jouets chinois, etc. La question n'est donc pas de savoir s'il faut une Europe protectionniste, mais comment elle devient plus protectrice. Pour sauver nos secteurs traditionnels et développer les industries innovantes, il faut pouvoir protéger un cadre commercial de manière temporaire et communautaire. Le libre-échange a eu ses vertus de développement des nations et de dialogue entre les peuples, mais avec l'essor d'un capitalisme mondial et financier, le système se grippe. «Tous concurrents, et que le moins cher gagne!», c'est un slogan mortel ! Comment voulez-vous que nos salariés et nos entrepreneurs tirent leur épingle du jeu sans un mixte d'innovation et de protection, face à des concurrents disposant d'un réservoir de main-d'œuvre inépuisable, de salaires 40 fois inférieurs aux nôtres et qui ne respectent pas les règles du jeu international ? Si l'Europe ne se réveille pas, c'est tout son appareil industriel et, à terme, son modèle de société qui seront bazardés.
Lire l'intégralité de l'entretien sur le site du Figaro
Christian Saint-Etienne, économiste, professeur à Dauphine-Paris-IX et à l’université de Tours, est membre du Conseil d’analyse économique.
Guillaume Bachelay, conseiller de Laurent Fabius, est secrétaire national du PS à la politique industrielle, aux entreprises et aux nouvelles technologies.
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