Réflexions et propositions pour des protections commerciales pour l'Europe

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Bibliographie

Après la démocratie

par Emmanuel Todd, Gallimard, 2008


Après la démocratie
L'élection de Nicolas Sarkozy semble avoir placé la France en état d'apesanteur : cadeaux fiscaux aux plus riches, socialistes passés à droite, atlantisme, exhibitionnisme présidentiel, désignation de boucs émissaires immigrés ou musulmans, etc., etc.

Dénoncer l'action de Nicolas Sarkozy ne suffit pas. C'est en partie grâce à ses défauts qu'il a été élu. Sous la diversité des symptômes, c'est d'une véritable crise de la démocratie qu'il s'agit. Pour la comprendre, il faut identifier, au présent et dans la longue durée de l'histoire, ces fadeurs lourds que sont le vide religieux, la stagnation éducative, la nouvelle stratification sociale, l'impact destructeur du libre-échange, l'appauvrissement des classes moyennes, l'égarement des classes supérieures. Emmanuel Todd ne ménage personne, dans aucun camp.

Son approche permet de comprendre pourquoi la société française hésite entre ethnicisation et retour de la lutte des classes. Elle oblige à se demander si les hommes politiques, incapables de manipuler plus longtemps notre " démocratie d'opinion ", ne vont pas devoir purement et simplement supprimer le suffrage universel. A moins que, cédant à la pression de la société, ils n'acceptent d'envisager une nouvelle politique économique, protectionniste à l'échelle européenne.

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Tags : emmanuel todd
Rédigé par Julien Landfried le 15 Octobre 2008 à 16:15 | Permalien | Commentaires (1)
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Bibliographie

La trahison des économistes

Par Jean-Luc Gréau, Le débat Gallimard, 2008


La trahison des économistes
Le débat de fond en matière de politique économique a disparu, au moment où nous en aurions le plus besoin.

Certes, il existe une vigoureuse protestation altermondialiste, mais son propos relève plutôt de la dénonciation que de la compréhension du capitalisme tel qu'il va. Certes, concède le discours officiel, il subsiste des nuances entre " politiques de droite " et " politiques de gauche ", mais les prémisses en sont les mêmes. Or ce sont elles qu'il s'agit d'interroger : qu'est-ce que cette fameuse concurrence supposée avoir remède à tout ? La vénérable théorie des avantages comparatifs, justifiant l'ouverture mondiale des échanges, est-elle toujours valable ? Vivons-nous réellement dans une " société post-industrielle " ? Comment fonctionne la sphère financière ?

Autant de questions clés que Jean-Luc Gréau reprend ici à nouveaux frais, dans la ligne de ses précédents ouvrages, Le Capitalisme malade de sa finance et L'Avenir du capitalisme (tous deux parus dans la même collection, en 1998 et en 2005).

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Rédigé par Julien Landfried le 4 Octobre 2008 à 16:22 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?

Les actes du colloque organisé par la Fondation Res Publica le 17 mars 2008 sont en ligne.


Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?
Avec la participation de :
  • Edouard Husson, Maître de conférences à l’Université de Paris IV
  • Claude Le Gal, Secrétaire général du Club économique franco-allemand
  • François David, Président de la Coface
  • Tobias Seidel, Chercheur à l’Institute for Economic Research de Münich
  • Hervé Joly, Chargé de recherche au CNRS
  • Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica
    (en présence de M. Claude Martin, ancien Ambassadeur de France en Allemagne)

    Les actes sont disponibles à cette adresse : www.fondation-res-publica.org

Rédigé par Julien Landfried le 2 Juin 2008 à 12:37 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

L'Avenir d'une exception

par Hakim El Karoui, Flammarion, 2006


L'Avenir d'une exception
Présentation de l'éditeur :
A l'heure où se dessinent les questions qui feront la campagne de 2007, voilà un livre qui prend de la hauteur tout en apportant des solutions concrètes. Il repose sur une conviction forte : la crise identitaire que traverse la France n'est pas la sanction de son retard à s'adapter au monde moderne, mais le signe d'un affrontement inédit dans son histoire entre deux systèmes de valeur, l'un fondé sur l'inégalité, l'autre sur l'égalité. Comprise dans un sens très large, cette notion d'inégalité désigne le dispositif qui permet aux pays développés de garantir leur avance sur le reste du monde. Elle renvoie aussi, au sein de ces mêmes pays, au choix consensuel d'un libre-échange porteur de délitement social, à l'accroissement de l'écart entre les élites et les classes populaires ou encore à l'incapacité de l'école à corriger les inégalités de départ. De ce système formidablement protecteur des positions acquises, les Français ne veulent pas. Eux que l'on dit versatiles et individualistes, ils manifestent à longueur d'élections une constance absolue dans leur choix que seuls les responsables politiques réussissent à ne pas voir envers et contre tout, ils disent leur préférence pour l'égalité, que l'on découvre, par exemple, dans leur obstination à vouloir assimiler les immigrés. Savoir si les Français ont raison ou non de tenir à cette " exception " dépasse le cadre de nos frontières : le monde a besoin de l'égalité pour organiser la montée en puissance des pays émergents, gérer la crise de l'islam ainsi que le déclin programmé de la puissance américaine, et limiter la fragmentation interne des sociétés occidentales. A rebours des théories du déclin et de la vaine opposition entre "social " et " libéral ", cet essai, original et stimulant, pose une question interdite : et si les Français avaient raison ?

Biographie de l'auteur :
Hakim El Karoui, 35 ans, ancien élève de l'ENS et agrégé de géographie, a été la "plume" de Jean-Pierre Raffarin à Matignon avant d'être chargé de la prospective à Bercy jusqu'en août 2006, Il est également membre du conseil scientifique de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.

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Rédigé par le 17 Octobre 2006 à 14:25 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

Le choix européen, un dossier de la revue Le Débat

Le Débat numéro 141, septembre-octobre 2006. Revue disponible en librairie ou sur abonnement.


Le choix européen, un dossier de la revue Le Débat
Le dossier comprend 4 articles :
-Jean-Luc Gréau : Reconstruire l'Europe économique
-Edouard Husson : L'Allemagne, l'Europe et le monde
-Xavier Timbeau : Comment le projet européen s'égare
-Hakim El Karoui : Du bon usage de l'exception française

Présentation du dossier par Le Débat :
Le choix européen :

Et si le débat le plus important de l'élection de 2007 était celui qui a toutes les chances d'être escamoté derrière les incantations convenues de rigueur sur la « relance » de la construction européenne ?
Le vrai choix politique devant lequel nous nous trouvons, celui qui conditionne tous les autres, n'est-il pas celui qui porte sur ce que nous voulons faire de l'Europe et sur ce que nous pouvons en attendre, économiquement parlant ?

Pourra-t-on indéfiniment faire l'impasse sur la question de savoir si l'entité européenne doit représenter une organisation protectrice au sein d'un monde mondialisé ? N'a-t-on édifié l'Union que pour la dissoudre dans l'OMC ? Anathémisée de manière automatique par la pensée économique officielle, la définition d'un protectionnisme intelligent et adapté à l'échelle européenne n'en paraît pas moins mériter un examen sérieux.

Jean-Luc Gréau plaide en ce sens pour une affirmation cohérente de l'Europe économique. Encore l'adoption d'un tel programme suppose-t-elle de rallier ses partenaires. Or le principal d'entre eux, l'Allemagne, a opté, en sens opposé, pour le monde. Un choix réversible, selon Édouard Husson, qui montre comment l'option européenne continue de correspondre aux intérêts bien compris de l'économie allemande.

Xavier Timbeau éclaire, dans une perspective différente, les dévoiements du projet européen. Non seulement l'adoption de l'euro n'a pas suffi à créer une convergence des politiques économiques, mais elle se prête à des divergences destructrices. Comment retrouver le chemin d'une synergie générale dans cette Europe éclatée de la monnaie commune ?

Et si, pour finir, l'antilibéralisme qui singularise et isole les Français était susceptible d'un bon usage, demande Hakim El Karoui ? Il dégage les conditions qui permettraient de donner une traduction politique pertinente.

Voir le site de la revue : www.le-debat.gallimard.fr

Tags : europe le débat
Rédigé par le 17 Octobre 2006 à 01:05 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

Mondialisation régulée des échanges et préférence européenne

Les actes du colloque organisé par la Fondation Res Publica le 28 novembre 2005 sont en ligne


Mondialisation régulée des échanges et préférence européenne
  • Introduction de Jean-Pierre Chevènement
  • Jean-Luc Gréau, Economiste, auteur de « l'Avenir du capitalisme »
  • Jean-Marie Metzger, Directeur des échanges à l'OCDE
  • Jean-Marie Paugam, Directeur à l'IFRI
  • Paul-Henry Ravier, Ancien Directeur Général adjoint de l'OMC
  • Bruno Amable, Professeur à l'Université de Paris X
  • Philippe Cohen, Journaliste économique, auteur (avec L.Richard) de « La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? »

Rédigé par le 25 Décembre 2005 à 00:59 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

L'Avenir du capitalisme

par Jean-Luc Gréau, Gallimard (collection Le Débat), 2005


L'Avenir du capitalisme
Présentation de l'éditeur :
Est-il possible de réguler les marchés du inonde ? Ou sommes-nous voués à suivre, désarmés, les embardées d'un système chaotique et frénétique ? Jean-Luc Gréau indique pourquoi il est devenu nécessaire de rationaliser le capitalisme, au moment où celui-ci montre sa fragilité et ses incohérences. Le chemin vers l'intégration mondiale est balisé par les faillites récurrentes de nombreuses économies et des scandales d'entreprises d'une gravité sans précédent. La bourse contemporaine, cœur idéologique du système, fonctionne à rebours de son principe fondateur : les fonds d'épargne collective, qui devraient financer les entreprises ; les soumettent en fait à un régime de prédation. Pour mettre fin à ces anomalies, Jean-Luc Gréau propose des remaniements d'envergure : création de grands marchés communs régionaux, protégés de l'extérieur, sur le modèle du Marché commun européen d'origine ; régulation et garantie de la dette des pays emprunteurs par un Fonds monétaire international rénové : association contractuelle des entreprises et de leurs actionnaires en vue de leur coopération effective. et dépérissement simultané des bourses qui ont perdu leur raison d'être.

Biographie de l'auteur :
Jean-Luc Gréau a publié dans la même collection Le capitalisme malade de sa finance (1998).

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Rédigé par le 17 Novembre 2005 à 14:33 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? : Les dégâts du libéral-communisme en Chine et dans le monde

Par Philippe Cohen, Luc Richard, Mille et une nuits, 2005


La Chine sera-t-elle notre cauchemar ? : Les dégâts du libéral-communisme en Chine et dans le monde
Présentation de l'éditeur :
Un nouveau miracle chinois fascine les médias. La Chine est célébrée à la fois comme le tout prochain leader des nations, l'atelier du monde et son plus grand marché. A travers des reportages et des témoignages saisissants, les auteurs démontent l'imposture de cette nouvelle mythologie. L'expansion chinoise détruit l'emploi dans le monde, mais aussi en Chine où le chômage touche des dizaines de millions de personnes. La compétitivité du pays repose sur la surexploitation de 200 millions de travailleurs migrants, les mingong, et sur l'absence de tout droit stable en matière de travail, mais aussi de commerce et d'environnement. Nous fermons nos usines au profit exclusif d'une caste de bureaucrates corrompus. Ce libéral-communisme, maladie sénile ou stade suprême du capitalisme, s'accompagne ainsi d'une explosion des inégalités et de l'appauvrissement des campagnes encore habitées par deux Chinois sur trois. Il expose le pays et le monde à des catastrophes écologiques et sanitaires, surtout si les dirigeants occidentaux persistent à s'aplatir devant ce nouveau dragon.

Biographie de l'auteur :
Philippe Cohen est journaliste et travaille à l'hebdomadaire Marianne. Il est notamment l'auteur de La Face cachée du Monde avec Pierre Péan (Mille et une nuits, 2003) et de BHL, une biographie (Fayard, 2005). Luc Richard vit en Chine depuis 2002. Il parle le mandarin. Il a publié en 2003 son premier récit de voyage, Voyage à travers la Chine interdite (Presses de la Renaissance).

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Rédigé par le 10 Octobre 2005 à 13:37 | Permalien
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Bibliographie

Une autre Allemagne

par Edouard Husson, Editions Gallimard, 2005


Une autre Allemagne
Présentation de l'éditeur :
Longtemps les dirigeants français ont envié ceux de la République fédérale : le voisin allemand résistait mieux à la crise mondiale déclenchée par les chocs
pétroliers des années 1970. En fait l'Allemagne occidentale avait effectué, après 1945, une reconstruction sans pareille, puis s'était affirmée comme l'un des grands pays exportateurs parce que, disait-on, l'esprit d'entreprise y était plus valorisé, l'État moins dépensier et les syndicats plus raisonnables qu'en France. On vantait le " modèle " allemand, symbolisé par la force du Deutsche
Mark, devenu une monnaie de réserve officieuse pour les investisseurs du monde entier. S'ils jalousaient et craignaient le puissant voisin, les dirigeants français se répétaient aussi que le " géant économique " restait un " nain politique ", la catastrophe du nazisme avant rendu les Allemands modestes dans leurs exigences, et soucieux de ne rien entreprendre sans consulter le partenaire français et le protecteur américain. Et puis vinrent la fin de la guerre froide et l'effondrement de l'Union soviétique. L'Allemagne de l'Ouest intégra la RDA. Désormais le moteur économique du continent en était aussi la première puissance politique.
L'Allemagne, pourtant, n'a pas abusé, sauf dans l'ancienne Yougoslavie, de cette puissance retrouvée : sa population est majoritairement pacifiste ; surtout, depuis le milieu des années 1990, la République fédérale est entrée dans une crise économique profonde qui remet en cause le " modèle allemand ". Loin de lui avoir procuré un surcroît de puissance, la réunification, inachevée, pèse
lourdement sur ses finances. Souffrant du poids excessif des dépenses publiques et des charges sociales, l'Allemagne ressemble de plus en plus à la France. C'est donc à une nouvelle perception de notre voisin que nous invite Edouard Husson : un pays dont on doit moins redouter la puissance que
l'affaiblissement ; une nation menacée par son déclin démographique ; le cœur industriel fragile d'un continent européen qui risque d'être un grand perdant de la mondialisation.

Biographie de l'auteur :
Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'histoire et docteur de l'université, Edouard Husson a été chercheur à l'Institut für Zeitgeschichte de Munich. Aujourd'hui maître de conférences à Paris IV-Sorbonne, il a notamment publié L'Europe contre l'amitié franco-allemande. Des malentendus à la discorde (Paris, F-X. de Guibert, 1998), Comprendre Hitler et la Shoah. Les historiens de République fédérale d'Allemagne et l'identité allemande depuis 1949 (Paris, Presses Universitaires de France, octobre 2000, préface de Ian Kershaw). Il a aussi préfacé la réédition conjointe de John Maynard Keynes, Les conséquences économiques de la paix (1919), et Jacques Bainville, Les conséquences politiques de la paix (1920) (Paris, Gallimard, " Tel ", 2002).

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Rédigé par Julien Landfried le 9 Mars 2005 à 13:49 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

Systeme national d'économie politique

par Friedrich List, Gallimard, 1998.
Préface d'Emmanuel Todd


Systeme national d'économie politique
Présentation par L'Expansion :
Un précieux ouvrage théorique
Réédité et préfacé par Emmanuel Todd (voir ci-contre), ce livre est l'un des rares ouvrages de théorie sur le protectionnisme. L'auteur, un Allemand du début du siècle dernier, préconise une protection différenciée selon les secteurs et l'état de développement de l'économie. Publié en 1841, son texte alimente toujours les débats sur le nationalisme économique, notamment dans le pays le moins protectionniste, les Etats-Unis.

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Rédigé par le 1 Janvier 2003 à 19:33 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

Le devenir de la protection économique et sociale

Sept propositions pour affronter la mondialisation, Philippe Cohen, Gabriel Colletis, Gérard Lafay, note n°8/9 de l'Association pour la Fondation Marc Bloch, mars 2000.


Note consultable sur demande.

Rédigé par le 11 Mars 2001 à 20:33 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

L'Illusion économique

Essai sur la stagnation des sociétés développées, Emmanuel Todd, Gallimard, 1998


L'Illusion économique
Présentation par L'Expansion : Tonique refus mondialiste
Les économistes ne lisent pas assez les démographes et les anthropologues. Le degré d'adhésion des classes dirigeantes d'une nation au libre-échangisme est inversement proportionnel à l'évolution de leur niveau culturel : plus celui-ci baisse, plus les thèses mondialistes prospèrent. Non seulement l'ouverture des frontières commerciales s'est plutôt traduite par un tassement de la croissance mondiale, mais elle a en plus favorisé un retour spectaculaire des inégalités au sein des nations développées. La construction européenne façon Maastricht exprime un saut irréaliste dans l'idéologie, fruit combiné d'une utopie monétaire qui nie l'existence des diversités nationales et d'une utopie libre-échangiste, masque emprunté par une élite malthusienne pour défendre son idéal inégalitaire.

Voilà, schématiquement résumée, la pensée tonique et tonitruante d'Emmanuel Todd, aussi féroce pour Jacques Delors que pour Jacques Chirac, aussi remonté contre Paul Krugman, l'économiste à la mode outre-Atlantique, qu'irrespectueux pour The Economist, trop anglais pour avoir le droit de tirer le premier sur les Français. Même si l'on ne partage pas sa conviction que rien ne s'explique en économie sans le recours à l'analyse des structures familiales, on appréciera la lecture de ce pamphlet. Quant à le critiquer sur le fond, on s'en gardera bien, de peur de passer pour un de ces pseudo-intellectuels français dont l'emprise idéologique sur la société vaudrait celle des dirigeants brejnéviens sur l'ex-URSS. --Henri Gibier--

Tags : emmanuel todd
Rédigé par le 17 Février 2001 à 14:29 | Permalien | Commentaires (0)
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Bibliographie

L'inégalité du monde

par Pierre Noël Giraud, Gallimard, 1996


L'inégalité du monde
Présentation par L'Expansion :
L'histoire de l'économie peut se lire à travers celle des inégalités: entre pays, et entre individus au sein d'un même pays. Or, explique Pierre-Noël Giraud dans ce livre original et captivant, ces deux types d'inégalités ont suivi des mouvements curieusement croisés.

Jusqu'au début du xixe siècle, dans un monde essentiellement agricole, les niveaux de richesse par tête des trois zones les plus peuplées - Europe, Inde, Chine - sont très proches, alors que les sociétés sont profondément inégalitaires.
Avec la révolution industrielle, l'Europe puis les Etats-Unis prennent de l'avance. Et si leurs inégalités internes se creusent dans un premier temps, l'enrichissement général entraîne assez vite une réduction des écarts sociaux. Cette dynamique devient très puissante au xxe siècle, mais s'interrompt dans les années 70: le rattrapage du Tiers Monde s'amorce, puis s'accélère; en même temps, les inégalités se creusent de nouveau dans les pays riches.

Ces basculements séculaires ne relèvent, aux yeux de l'auteur (professeur à l'Ecole des Mines), d'aucune loi économique. Marqué par la pensée historique de Fernand Braudel, il ne voit pas dans l'économie un ensemble homogène, uniquement peuplé d'acteurs rationnels à la recherche du profit maximal.

Il existe au moins une catégorie qui n'obéit pas à cette logique: celle des Etats. Chaque société se donne des normes que l'économiste ne peut que constater. Ainsi, l'euphorie des Trente Glorieuses a pour origine la coïncidence de deux choix politiques.
D'abord, paradoxalement, le repli protectionniste des pays développés, datant de la crise des années 30. Ensuite, la progression régulière du pouvoir d'achat, organisée par les Etats à travers la régulation du dialogue social et la redistribution des richesses. Cette "croissance sociale-démocrate autocentrée" a accru l'avance des pays riches et considérablement réduit leurs inégalités internes - notamment parce que, en l'absence d'une concurrence extérieure trop vive, rien ne s'opposait à la hausse générale des salaires.

La mécanique s'enraie à partir des années 70. Alors que l'Europe et le Japon rattrapent les Etats-Unis et que de nouveaux acteurs agressifs apparaissent, les économies cessent d'être complémentaires pour devenir concurrentes, d'autant plus âprement que les barrières s'abaissent.
Or nous ne sommes encore qu'au début de cette globalisation. Après les nouveaux pays industrialisés, qui ont mis quelques décennies pour atteindre le niveau technologique des vieux pays riches et ne comptent que quelques dizaines de millions d'âmes, arrive maintenant une vague de pays beaucoup plus peuplés, disposant déjà de travailleurs qualifiés et d'ingénieurs en grand nombre, et dans lesquels le niveau des rémunérations sera durablement tiré vers le bas par l'existence d'immenses réservoirs de main-d'oeuvre: Chine, Inde, ex-Union soviétique, Europe de l'Est, Brésil, Mexique...

Le mouvement de balancier va s'accentuer: ces économies rattraperont leur retard, mais le creusement des inégalités internes va amener les pays riches vers la "fin des classes moyennes". A moins, suggère l'auteur, qu'un consensus ne s'établisse sur une limitation du libre-échange, compensée par des aides aux pays émergents pour les mettre, à leur tour, sur le chemin d'une "croissance autocentrée". Mais ce n'est pas, reconnaît-il, la pente la plus probable. --Gérard Moatti--
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Rédigé par le 15 Janvier 2001 à 19:29 | Permalien | Commentaires (0)
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